Quand le Capitaine Ibrahim Traoré parle, il ne parle pas pour remplir le silence. Ses mots sur la capacité du Burkina Faso et de l’AES à organiser la Coupe d’Afrique des Nations sonnent comme un défi lancé à ceux qui doutent encore de ce que le Sahel souverain peut accomplir quand il décide de se donner les moyens d’agir.
La formule est audacieuse et assumée : trois pays, c’est largement suffisant. Et si d’aventure la volonté collective venait à manquer, le Burkina Faso seul pourrait relever le défi. Pas comme une fanfaronnade, mais comme le constat lucide d’un chef d’État qui a décidé de cesser de se définir par ses manques pour commencer à se mesurer à ses possibilités.
Sur le fond, l’argumentaire du Président du Faso tient. Les stades se construisent, et le Burkina Faso a lancé un vaste programme d’infrastructures sportives qui transforme progressivement le paysage du pays. Les capacités hôtelières existent et peuvent être renforcées. Les conditions sécuritaires, dans un pays qui reconquiert son territoire mois après mois, s’améliorent à un rythme que peu auraient prévu il y a encore deux ans. Quant aux conditions organisationnelles, elles se créent quand la volonté politique est au rendez-vous.
Ce n’est pas la mer à boire, dit le Président Ibrahim Traoré. C’est parfaitement possible. Ce n’est même pas trop ambitieux. Des mots qui résument une philosophie de gouvernance qui a fait ses preuves sur d’autres fronts : se fixer l’objectif, refuser le complexe d’infériorité, s’organiser et avancer avec détermination.
Le Burkina Faso a produit ses propres blindés, habillé ses soldats, construit ses hôpitaux et bitumé ses routes en pleine guerre. Organiser une CAN, dans ce contexte, ressemble effectivement moins à une utopie qu’à la prochaine étape logique d’un pays qui a retrouvé confiance en lui-même.

